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Huit abris ingénieux pour la faune sauvage à travers le monde
- Author, Clare Dowdy
- Role, BBC Culture
- Published
- Temps de lecture: 8 min
Des designers soucieux du bien-être animal créent des structures sur mesure pour des espèces spécifiques. Du refuge pour chauves-souris dans la campagne britannique à l'abri multi-espèces dans les montagnes Catskill, voici huit havres pour la faune sauvage à la conception ingénieuse.
La faune sauvage a depuis longtemps élu domicile dans nos bâtiments à travers le monde, qu'il s'agisse d'hirondelles bâtissant leurs nids sous les avant-toits ou de geckos s'installant confortablement dans les fissures d'un mur extérieur.
Aujourd'hui, des designers sensibles à la cause animale conçoivent une architecture sur mesure pour des espèces précises. Ils considèrent la faune sauvage comme leur cliente, répondant à ses besoins spécifiques en matière de nidification, d'accouplement, de repos, d'hibernation et d'abri.
"Il s'agit de veiller à ce que, lorsque nous modifions et réutilisons des paysages, nous fournissions délibérément des infrastructures pérennes pour les autres espèces qui les occupent également", explique l'architecte Owen Pearce. Ainsi, plutôt que de concevoir un bâtiment pour ensuite y intégrer des aménagements destinés à la faune, ce sont les besoins de cette dernière qui contribuent à déterminer la forme, la hauteur, l'orientation, les ouvertures et la structure même du bâtiment.
Toutefois, ces clients peuvent se montrer imprévisibles. "Nous créons des opportunités pour la faune sauvage plutôt que d'essayer de dicter la manière dont la nature doit se comporter", déclare Pearce à propos de la tour pour la faune que son cabinet a récemment conçue. "Nous avons fait de notre mieux pour offrir les conditions dont, selon nous, les différentes espèces ont besoin et envie ; il nous faut maintenant observer la tour au fil du temps pour voir ce qui se passera réellement."
Voici huit structures construites spécifiquement pour la faune sauvage, dont beaucoup visent à favoriser la cohabitation de plusieurs espèces.
1. Tour pour chauves-souris, effraies des clochers, chevêches d'Athéna, faucons crécerelles, invertébrés et espèces des zones humides, Somerset, Royaume-Uni
Cette tour destinée à accueillir diverses espèces se trouve à Honeygar, une ancienne ferme laitière située dans les Somerset Levels que le Somerset Wildlife Trust s'emploie progressivement à renaturer et à remettre en eau. Conçue et construite par le cabinet d'architecture Pearce+, elle est presque entièrement constituée de matériaux de récupération d'origine locale.
"Nous avons délibérément envisagé les différentes espèces comme les clients du bâtiment", explique Pearce. "Chacune ayant des besoins très spécifiques, l'architecture évolue à mesure que l'on passe du sol humide à la base de la tour vers les espaces de nidification et de repos situés au sommet."
Le niveau inférieur de la tour est conçu pour attirer les orvets, les tritons et autres petits animaux sauvages. Implantée dans un paysage soumis à des inondations saisonnières, la structure offre une multitude d'interstices et de cavités adaptés à ces espèces. Plus haut, des pièces de bois de mélèze sont empilées, ménageant là encore des ouvertures, des niches et des perchoirs pour les insectes et les petits oiseaux.
À l'intérieur, des espaces de nidification et de repos ont été aménagés sur mesure pour les effraies des clochers, les faucons crécerelles et les chevêches d'Athéna ; chaque espèce bénéficie d'aménagements spécifiques en termes de taille d'ouverture, de rebords, ainsi que de dimensions et d'emplacement des nichoirs.
2. Habitats multi-espèces de Piaule, Catskill, NY, États-Unis
Ces structures sculpturales de Joyce Hwang rappellent de grands portants, chacun reposant sur une base à lattes. Toutefois, au lieu de vêtements, les structures en bois accueillent divers nichoirs pour oiseaux, abris pour chauves-souris et habitats pour insectes, de styles, de tailles et de hauteurs variés.
Conçue selon une forme simple en "A", chaque armature présente un pied "plié", donnant l'impression qu'elle est sur le point de se déplacer. Pour ce projet, Joyce Hwang a collaboré avec des étudiants de l'école d'architecture du Pratt Institute ; une série de ces habitats est installée le long d'un sentier pédestre à Catskill, au pied des montagnes du même nom.
3. Pont pour chauves-souris, Pays-Bas
Le Vlotwatering, un petit canal situé dans le Westland (au sud-ouest des Pays-Bas), s'inscrit dans le cadre d'un nouvel itinéraire de loisirs verdoyant. Ce canal constitue également un important corridor de vol pour plusieurs espèces de chauves-souris ; la nouvelle passerelle de 25 mètres de long conçue par NEXT Architects pour les piétons et les cyclistes a ainsi été perçue comme une occasion idéale d'y intégrer des habitats propices à leur repos.
Le pont est construit en béton ; sa capacité à absorber et à restituer la chaleur crée un microclimat stable et confortable, propice à divers types de gîtes pour chauves-souris. Trois sections spécifiques de l'ouvrage offrent des habitats adaptés aux différentes saisons. La culée nord sert d'abri hivernal, offrant une température basse et stable.
Des zones de séjour estival sont aménagées sous le tablier et au niveau de la balustrade en maçonnerie ; elles servent à la fois de maternités et de lieux d'accouplement. L'entrée principale pour les chauves-souris se situe côté eau, signalée par une corniche en béton. L'objectif est de voir une importante colonie s'établir autour du pont.
4. Please Stand By, France
Le déclin des populations d'insectes au cours des dernières décennies a inspiré à la designer Marlène Huissoud la création de l'œuvre Please Stand By. Elle était animée par la volonté d'apporter une contribution aux insectes, en particulier aux espèces urbaines comme les fourmis et les mille-pattes ; Please Stand By leur offre un lieu où s'abriter, nicher et hiberner.
Avec l'aide de Robert Francis et Mak Brandon, du King's College de Londres, le studio a sélectionné les matériaux privilégiés par les insectes ainsi que les couleurs qui les attirent dans la nature, telles que le blanc, le gris et les teintes sombres.
Marlène Huissoud a utilisé de l'argile naturelle — laissée crue pour préserver son aspect brut — afin de façonner une série de formes organiques aux contours arrondis, avant de les recouvrir d'un liant naturel pour les protéger des intempéries.
5. Tour pour la faune sauvage pour le Barn Owl Trust, Royaume-Uni
Lorsqu'un site de nidification traditionnel pour effraies des clochers — comme un vieux bâtiment ou un arbre creux — disparaît, le Barn Owl Trust propose une solution : une petite structure de seulement 2 m² au sol et 4,5 m de haut, dont les trois parois offrent des aménagements variés. La paroi orientée à l'est comporte, à 3,5 m du sol, un trou d'entrée donnant sur un nichoir spacieux et profond.
Pour maximiser les chances d'occupation, l'ouverture donne sur un espace dégagé, permettant ainsi aux chouettes de passage de la repérer. Sur la paroi ouest, une cavité peu profonde à façade ouverte est aménagée pour attirer les faucons crécerelles. Plus bas, un petit orifice mène à un nichoir profond destiné aux chevêches d'Athéna.
La présence de perchoirs juste sous chaque ouverture et d'un large toit au-dessus assure une meilleure sécurité aux jeunes oiseaux vulnérables lorsqu'ils sortent du nid. Enfin, la paroi sud, plus chaude, présente de nombreuses petites cavités dans les joints de mortier, offrant un refuge aux araignées, guêpes et autres insectes.
6. Mumbles Seahives, baie de Swansea, Pays de Galles
Le village de Mumbles, dans la baie de Swansea, est protégé des inondations par une digue de 1,2 km (0,7 mile), qui abrite également des espèces marines telles que les algues, les patelles et les balanes.
En effet, des sections du mur, conçues avec des experts de l'Université de Swansea, comprennent des panneaux de béton hexagonaux. Chaque panneau présente des crêtes et des motifs profonds qui imitent les contours bruts d'une côte rocheuse, et les créatures marines ont élu domicile dans ces interstices et crevasses.
7. Kiosque écologique de Barn Elms, Londres, Royaume-Uni
Il s'agit d'une infrastructure essentielle qui se dissimule sous l'apparence d'un refuge pour abeilles solitaires, invertébrés, araignées, coléoptères et oiseaux. À l'intérieur, des systèmes mécaniques et électriques empêchent les eaux usées de se déverser dans la Tamise.
À l'extérieur, en revanche, le mur fait office d'habitat vertical. Une partie de la façade de 100 m² est constituée d'un mur en gabions, composé de cages en treillis métallique remplies de matériaux naturels et de déchets.
Contrairement aux murs végétaux traditionnels, ce type de structure ne nécessite aucun arrosage, offre une excellente résistance au feu et peut abriter de la faune sauvage pendant une période allant de 50 à 120 ans.
De plus, la toiture écologique sert de corridor biologique pour les espèces se déplaçant vers et depuis les espaces verts voisins, tels que le London Wetland Centre, situé dans le sud-ouest de Londres.
8. La maison aux cerfs du château d'Auckland, Durham, Royaume-Uni
Bien que les aménagements destinés à la faune visent à favoriser sa bonne santé, tous n'ont pas été conçus dans une optique de pérennité. Ce bâtiment du XVIIIe siècle, destiné aux cervidés, se trouve dans l'ancien parc à cerfs du château d'Auckland, résidence des évêques de Durham depuis l'époque normande. Durant des siècles, l'aristocratie et la noblesse y ont pratiqué la chasse au cerf.
Les animaux étaient nourris dans la cour et trouvaient un abri sous les arcades, alors couvertes d'un toit en ardoise. L'édifice servait également de halte aux invités de l'évêque venus pour la chasse ; ils pouvaient y pique-niquer et admirer la vue depuis des pièces aménagées pour leur confort. Il s'agit d'un exemple rare d'architecture néogothique du XVIIIe siècle — une interprétation fantaisiste des constructions médiévales —, d'où son esthétique de faux château, agrémentée de créneaux, de meurtrières, de pinacles et d'arcs brisés.