Comment Cheikh Anta Diop et Théophile Obenga ont contesté les thèses faisant de l'Égypte ancienne une « civilisation blanche »

    • Author, Abdou Aziz Diédhiou
    • Role, BBC Afrique News
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  • Temps de lecture: 15 min

Le Caire, la capitale égyptienne, a été le théâtre d'un affrontement intellectuel inédit, dont les conclusions résonnent encore aujourd'hui.

Du 28 janvier au 3 février 1974, les plus grands égyptologues du monde, spécialistes reconnus dans leur domaine, se sont réunis dans la capitale égyptienne à l'occasion d'un colloque international organisé sous l'égide de l'UNESCO.

La rencontre avait pour thème : « Le peuplement de l'Égypte ancienne et le déchiffrement de l'écriture méroïtique ».

À l'issue de cette rencontre, de nombreuses théories élaborées par des anthropologues occidentaux pendant plus d'un siècle ont été remises en question.

BBC News Afrique revient sur cet événement. Pourquoi a-t-il marqué à jamais l'Afrique noire ? Quels en ont été les résultats, l'impact immédiat et l'héritage ?

Pour de nombreux égyptologues, historiens africains, intellectuels et dirigeants panafricanistes, le colloque du Caire constitue sans aucun doute un moment crucial. Certains le considèrent même comme un moment de gloire pour l'Afrique, tant il a contribué à remettre en cause les préjugés et les idées reçues sur les populations noires qui avaient longtemps influencé certaines études académiques.

Le débat sur l'histoire africaine

À l'origine de cette rencontre se trouvait le projet de rédaction de l'Histoire générale de l'Afrique, porté par l'UNESCO.

Avant même que ce travail ne soit confié à des historiens de renom, les thèses les plus répandues à l'époque, notamment dans les milieux intellectuels occidentaux, soutenaient que l'Égypte ancienne relevait d'une civilisation blanche. Autrement dit, cette brillante civilisation, qui attire encore aujourd'hui des millions de touristes chaque année, n'aurait pas pu être l'œuvre de populations africaines noires.

De leur côté, les intellectuels communément qualifiés d'« orientaux » défendaient l'idée d'une Égypte ancienne d'origine sémitique.

À l'exception de Cheikh Anta Diop, rares étaient alors les grandes figures intellectuelles qui admettaient que l'Égypte ancienne appartenait à une civilisation noire.

Contacté par l'UNESCO pour rédiger le volume II de l'Histoire générale de l'Afrique, l'historien, scientifique et chercheur sénégalais posa trois conditions avant d'accepter cette mission.

Il demanda d'abord l'organisation d'un colloque réunissant des chercheurs de renommée mondiale afin de débattre de l'origine du peuplement de l'Égypte ancienne. Il souhaitait ensuite qu'un état des lieux du déchiffrement de l'écriture méroïtique soit réalisé. Enfin, il réclama la mise en place d'une couverture aérienne du continent africain.

Ces conditions ayant été acceptées, l'UNESCO organisa finalement, du 28 janvier au 3 février 1974 au Caire, en Égypte, un colloque international consacré au peuplement de l'Égypte ancienne et au déchiffrement de l'écriture méroïtique.

Les éminents participants du colloque

Au total, ils étaient vingt spécialistes, cinq observateurs, deux représentants de l'Unesco venant de 14 pays à prendre part à ce symposium.

Presque tout le gotha intellectuel mondial parmi les égyptologues de l'époque était présent, à l'exception de quelques historiens célèbres comme Joseph Ki-Zerbo de la Haute-Volta (Burkina Faso) absent de ce colloque.

Parmi les sommités présentes, on peut citer entre autres Nicole Blanc, (Ecole des Hautes Etudes de Paris), Jean Devisse, (Université de Paris VIII), Jean Vercoutter, (Institut de papyrologie et d'égyptologie de l'université de Lille), PL Sinnie, (Université de Calgary -Canada), Säve Söderberg, (Université d'Uppsala (Suède), S. Husain de l'organisation des antiquités égyptiennes, W. Kaiser (Institut allemand d'archéologie du Caire) etc.

Deux hommes, historiens, africains noirs, vont devoir défendre mais pas uniquement, prouver scientifiquement que l'Egypte ancienne appartient bel et bien à une civilisation nègre, comme ils le défendent depuis des années.

Il s'agit de Cheikh Anta Diop, de l'Université de Dakar et Théophile Obenga, de l'Université Marien Ngouabi du Congo.

Parmi les observateurs, on peut mentionner V. L. Grottanelli, (Institut d'ethnologie de l'université de Rome-Italie), S. Habble Sélassié, (Université Hailé Sélassié I d'Ethiopie) et un journaliste sénégalais du quotidien national Le Soleil, invité à couvrir le colloque.

La rencontre s'est déroulée en deux temps : la première partie du 28 au 31 janvier 1974 a été consacrée au ''Peuplement de l'Egypte ancienne''.

Quant à la seconde partie qui portait sur ''le déchiffrement de l'écriture méroïtique'', elle a eu lieu du 1er au 3 février 1974.

La confrontation des thèses sur l'origine de l'Egypte ancienne

Dans sa présentation consacrée au thème principal du colloque, le professeur Jean Vercoutter souligne que la majorité des égyptologues estiment que « la population primitive de la vallée du Nil, égyptienne et nubienne, dès le Prédynastique et jusqu'à la Première dynastie, appartenait à une race brune méditerranéenne ou euro-africaine, souvent improprement appelée "hamite" ou "khamite" ».

Le chercheur de l'Institut de papyrologie et d'égyptologie de l'université de Lille affirme que cette population serait « leucoderme », autrement dit blanche, « même si sa pigmentation est foncée, pouvant aller jusqu'au noir ».

À l'instar de nombreux anthropologues et historiens occidentaux de son époque, Jean Vercoutter considère que l'Égyptien ancien serait donc « d'origine africaine, sans être nègre au sens où on l'entend habituellement ».

Il soutient que « même les égyptologues convaincus du caractère essentiellement africain de la civilisation égyptienne insistent sur le fait que la population qui a créé cette civilisation n'était pas nègre ».

Ce point de vue est alors largement partagé parmi les égyptologues occidentaux. Nombre d'entre eux s'appuient sur les travaux d'anthropologues comme Gaston Maspero, Arthur de Gobineau ou Samuel George Morton, qui défendent l'idée d'une Égypte ancienne blanche ou issue d'une « race pharaonique caucasienne ».

Invité à présenter ses travaux, l'historien et penseur sénégalais Cheikh Anta Diop commence par remettre en question les thèses dominantes sur le peuplement de l'Égypte et l'identité raciale des anciens Égyptiens.

« Le plus souvent, dit-il, on affirme catégoriquement que les Égyptiens étaient des Blancs sans fournir de preuves. »

« Tous les honnêtes profanes ont alors l'impression qu'une telle affirmation doit nécessairement s'appuyer sur des travaux solides antérieurement établis, alors qu'il n'en est rien. C'est ainsi qu'on a faussé l'esprit de tant de générations », dénonce-t-il.

Selon lui, « l'anthropologie est loin d'avoir établi l'existence d'une race égyptienne blanche ; elle tendrait même à démontrer le contraire ».

Cheikh Anta Diop affirme également que « les représentations humaines de la protohistoire et de la période dynastique ne correspondent nullement à l'idée que les anthropologues occidentaux aiment à se faire de la race égyptienne ».

« Beaucoup d'auteurs contournent aujourd'hui la difficulté en parlant de Blancs à peau rouge et de Blancs à peau noire, sans que leur bon sens cartésien en soit choqué », déclare-t-il.

Dans sa communication, il développe une démonstration détaillée fondée sur l'histoire du peuplement de l'Égypte, les témoignages des sources anciennes et des arguments scientifiques visant à montrer que l'Égypte ancienne relevait d'une « civilisation nègre ».

« Partout où le type racial autochtone est représenté avec un minimum de netteté, il apparaît négroïde. Nulle part les éléments indo-européens et sémites ne sont représentés, même comme simples citoyens jouissant de leur liberté, et encore moins sous les traits d'un chef local. Ils apparaissent invariablement comme des étrangers soumis », fait observer Cheikh Anta Diop.

Selon lui, « les traits typiquement négroïdes des pharaons Narmer, fondateur de la Ire dynastie, Djeser de la IIIe dynastie, Chéops, bâtisseur de la Grande Pyramide, Mentouhotep, fondateur de la XIe dynastie au teint noir foncé, Sésostris Ier, la reine Ahmosis-Néfertari et Aménophis Ier montrent que toutes les classes de la société égyptienne appartenaient à la même race noire ».

Pour étayer sa thèse, il invoque les auteurs gréco-romains qui, parfois à la suite d'observations directes en Égypte, ont évoqué l'apparence des anciens Égyptiens.

« Leur convergence est impressionnante et constitue un fait objectif difficile à minimiser ou à dissimuler », explique-t-il, en citant notamment Hérodote, Aristote, Apollodore, Lucien et Diodore de Sicile.

Cheikh Anta Diop rappelle qu'Hérodote, évoquant l'origine des Colches, écrit : « Manifestement, les Colchidiens sont de race égyptienne. » L'historien grec ajoute qu'il s'est fondé sur plusieurs indices, notamment « la peau noire et les cheveux crépus » ainsi que la pratique de la circoncision.

Selon Cheikh Anta Diop, Aristote a également laissé un témoignage sur les Égyptiens et les Éthiopiens qui corrobore, à ses yeux, les observations d'Hérodote.

L'historien sénégalais cite aussi Volney, qui écrit à propos des Égyptiens : « Tous ont le visage bouffi, l'œil gonflé, le nez écrasé, la lèvre grosse : en un mot, un vrai visage de mulâtre. » Après sa visite du Sphinx, Volney affirme avoir retrouvé dans ses traits l'image évoquée par Hérodote, concluant que les anciens Égyptiens étaient « de vrais Nègres de l'espèce de tous les naturels d'Afrique ».

Évoquant la manière dont les Égyptiens se désignaient eux-mêmes, Cheikh Anta Diop affirme que « les Égyptiens n'avaient qu'un terme pour se désigner eux-mêmes : Kmt, les Noirs, littéralement ».

« C'est le terme le plus fort qui existe en langue pharaonique pour indiquer la noirceur. Il est écrit avec un hiéroglyphe représentant un morceau de bois carbonisé et non des écailles de crocodile », explique-t-il.

Selon lui, ce mot est à l'origine de la racine « kamit », largement reprise dans la littérature anthropologique moderne. Il estime également que la racine biblique « Kam » en dériverait.

« Il a donc fallu faire subir aux faits une véritable distorsion pour que ce terme puisse aujourd'hui signifier "blanc" pour certains », ironise Cheikh Anta Diop.

Les preuves scientifiques à travers les tests sur la mélanine

Le savant sénégalais va jusqu'à exposer les résultats des tests scientifiques qu'il a établis à travers le dosage de la mélanine effectués sur des échantillons de momies d'anciens pharaons.

''En fait on peut connaître directement la couleur de peau des anciens Egyptiens et, partant, l'ethnie de ceux-ci, par une analyse microscopique pratiquée en laboratoire ; je ne crois pas que cette possibilité ait échappé à la sagacité des chercheurs qui se sont intéressés à la question'' explique-t-il.

''Les échantillons que nous avons analysés ont été prélevés au laboratoire d'Anthropologie physique du musée de l'Homme à Paris sur les momies provenant des fouilles de Mariette en Egypte'' précise-t-il.

La mélanine, corps chimique responsable de la pigmentation de la peau, est ''insoluble en général et se conserve pendant des millions d'années dans la peau des animaux fossiles'' renseigne Cheikh Anta Diop, balayant du coup ceux qui estiment que ''les peaux des momies altérées, ne se prêtent plus à aucune analyse''.

''Cette méthode (analyse de la mélanine) est parfaitement applicable aux momies royales de Thoutmosis III, Sethi Ier, Ramsès II, qui sont en très bon état de conservation au Musée du Caire. Depuis deux ans, j'ai demandé, en vain, de tels échantillons à analyser au conservateur du Musée du Caire''.

''Quoi qu'il en soit, disons en résumé que l'évaluation du taux de mélanine par l'observation microscopique est une méthode de laboratoire qui permet de classer les anciens Egyptiens indubitablement parmi les Noirs'' tranche Cheikh Anta Diop.

La preuve par la linguistique

Au cours de la seconde partie du colloque, consacrée au déchiffrement de l'écriture méroïtique, le professeur Théophile Obenga, de l'Université Marien-Ngouabi, a présenté une communication intitulée « Parenté linguistique génétique entre l'égyptien (égyptien ancien et copte) et les langues négro-africaines modernes ».

Dans son exposé, il met en évidence les concordances morphologiques et grammaticales entre l'égyptien ancien, le copte et les langues négro-africaines modernes, notamment en ce qui concerne « les catégories de genre sexuel, la formation du pluriel, les formes complètes, les morphèmes négatifs, le futur emphatique et les particules de liaison ».

Théophile Obenga relève ainsi de nombreuses similitudes entre l'égyptien ancien, le copte et plusieurs langues africaines, notamment les langues bantoues telles que le mbosi, le kongo ou encore le téké. De son côté, Cheikh Anta Diop établit également des rapprochements entre l'égyptien ancien et le wolof, largement parlé au Sénégal.

Le rapport final du colloque constate d'ailleurs que, dans le domaine linguistique, « à la différence des autres secteurs, l'accord entre les participants s'est révélé large ».

Il souligne également que « les éléments du rapport du professeur Diop et le rapport du professeur Obenga ont été considérés comme très constructifs ».

Interrogé par BBC News Afrique, El Hadji Malick Dème, professeur d'égyptologie à l'Université Cheikh-Anta-Diop de Dakar, rappelle que « Cheikh Anta Diop et Théophile Obenga ont abordé le colloque du Caire en préparant de manière très approfondie, minutieuse et rigoureuse le contenu de leurs contributions et de leurs interventions. Ils ont développé une approche pluri et interdisciplinaire dans l'analyse des faits présentés et ont répondu de manière circonstanciée et documentée aux différentes objections qui leur ont été adressées ».

Selon lui, les arguments avancés en faveur de la thèse d'une Égypte ancienne originellement bâtie par des Africains noirs reposaient notamment sur des éléments issus de l'archéologie, du contexte géographique, climatique et écologique, de l'anthropologie physique, de la génétique, de l'iconographie, de la culture matérielle, de l'art, de la linguistique, de l'histoire, des témoignages d'auteurs anciens ainsi que de la tradition biblique de l'Ancien Testament.

Toujours selon El Hadji Malick Dème, chacun de ces domaines a apporté « des faits probants scientifiquement établis » mettant en évidence la parenté étroite entre l'Égypte ancienne et l'Afrique noire contemporaine, ainsi que la profondeur de l'ancrage de l'Égypte ancienne dans l'écosystème continental africain.

Il précise toutefois que cela « n'exclut nullement les contacts et relations de diverses natures entre l'Égypte ancienne et ses voisins méditerranéens ou proche-orientaux », qu'il s'agisse de relations diplomatiques, de conflits armés, de migrations ou d'autres formes d'échanges.

Selon lui, ces interactions ont entraîné un « métissage partiel de la population égyptienne », phénomène qui se serait accentué à partir du Nouvel Empire, notamment en raison des conquêtes territoriales menées en Asie.

Résultats, impact et héritage du colloque du Caire

''Les opposants à la thèse principale défendue par C. A. Diop et Théophile Obenga n'ont pas été en mesure d'apporter de contre arguments valables'' rappelle M. Dème même si ''un large consensus sur les plans de la linguistique et de la culture en général attestant de l'appartenance de l'Égypte ancienne au monde africain et non plus méditerranéen ou proche-oriental'' s'est établi au cours de ce colloque.

Cependant, les désaccords ont été persistants entre les participants concernant la race des anciens Égyptiens.

''C. A. Diop a démontré l'inconsistance de la présentation de la composition ethnique de l'Égypte ancienne faite dans le rapport initial de l'égyptologue J. Vercoutter'' rappelle El Hadji Malick Dème.

Il a entre autres, ''apporté de multiples exemples iconographiques montrant le caractère noir africain (dans toute sa diversité phénotypique) des anciens Égyptiens, ainsi qu'une analyse de la peau d'une momie conservée au musée de l'Homme à Paris''.

Docteur en Physique nucléaire approfondie à l'Université Paris-Saclay, Cheikh Mbacké Diop, par ailleurs fils de Cheikh Anta Diop, estime pour sa part que le colloque du Caire est ''incontestablement un marqueur historiographique dans l'histoire mondiale des civilisations''.

''À la suite de ce colloque, c'est en toute légitimité scientifique que Cheikh Anta Diop a rédigé le chapitre 1 sur l'origine des anciens Égyptiens du Volume 2 de l'Histoire Générale de l'Afrique''.

''Les héritages de ce colloque ont été également véhiculés par la voie académique. Bien que très tardivement nommé professeur à l'Université de Dakar (où il dirigeait le Laboratoire de datation par le carbone 14 qu'il avait créé dans les années 1960), Cheikh Anta Diop y a introduit un enseignement sur l'Égypte ancienne et a encadré des étudiants dans ce domaine'' dit-il.

''Certains d'entre eux sont devenus des égyptologues après avoir soutenu leur thèse de doctorat puis enseignants au Département d'histoire de la Faculté des Lettres et Sciences humaines de l'Université de Dakar, aujourd'hui Université Cheikh Anta Diop''.

S'agissant de l'héritage du colloque du Caire, Cheikh Mbacké Diop estime que ''Nations nègres et Culture, l'ouvrage de Cheikh. A. Diop publié en 1954, avait rendu l'Égypte ancienne à l'Afrique, et vingt ans plus tard, le colloque du Caire a conduit la communauté internationale à reconnaître sa dimension africaine''.

''L'histoire de l'Afrique n'a pas commencé avec la colonisation ou l'émergence des royaumes africains médiévaux (Ghana, Mali, Songhaï, Zimbabwe…). Il existe une histoire, une expérience historique de peuples africains qui sont antérieures aux périodes historiques précitées, et dont les traces sont encore détectables dans les sociétés africaines contemporaines'' dit-il.

Cheikh Mbacké Diop estime toutefois qu'il ne ''s'agit pas de s'inventer un passé glorieux afin de doper les esprits cherchant à s'émanciper de la domination européenne, ni de se délecter de l'existence avérée d'une brillante civilisation africaine ancienne''.

''L'élucidation de cette histoire ancienne contribue à une compréhension plus profonde de l'évolution dans le temps et dans l'espace des sociétés humaines et en particulier africaines, et par conséquent contribue à une meilleure connaissance de soi'' déclare le fils du célèbre penseur africain.

Les conclusions de l'Unesco

Le colloque du Caire avec ses conclusions et recommandations... ''rendent difficilement soutenable le maintien de la conception orientaliste de l'Égypte ancienne'' déclare Cheikh Mbacké Diop.

''Les ouvrages qui paraissent sur l'Égypte ancienne présentent de moins en moins cette civilisation comme une civilisation proche-orientale. Toutefois, le caractère africain de l'Égypte ancienne reste généralement encore trop peu mentionné ou souligné'' dit-il.

Il estime qu'il y aura sans doute toujours des ''combats d'arrière-garde'' pour contester l'appartenance de la civilisation égyptienne ancienne à l'univers civilisationnel africain'', mais ''l'apparition d'une analyse critique des écoles égyptologiques occidentales par certains égyptologues occidentaux eux-mêmes mettant en évidence les préjugés racistes ayant affecté le développement de l'égyptologie'' montre l'évolution des mentalités.

Quant au rapport de l'Unesco sur le colloque du Caire, il note que : ''la très minutieuse préparation des interventions des professeurs Cheikh Anta Diop et Obenga n'a pas eu, malgré les précisions contenues dans le document de travail préparatoire de l'Unesco, une contrepartie toujours égale. Il s'en est suivi un réel déséquilibre dans les discussions''.

Pour clore ce débat, le colloque avait recommandé des études complémentaires sur la notion de race.