"On ne peut pas vraiment s'y préparer" - Le policier qui a récupéré des restes humains dans un crocodile raconte l'opération

Crédit photo, Johan Potgieter
- Author, Mayeni Jones
- Role, Correspondante pour l'Afrique
- Reporting from, Johannesburg
- Temps de lecture: 4 min
Un policier a raconté le moment où il a été hélitreuillé dans une rivière infestée de crocodiles en Afrique du Sud, dans le cadre d'une opération de récupération de restes humains.
Le capitaine Johan Potgieter avait pour mission de capturer un crocodile soupçonné d'avoir dévoré un homme d'affaires emporté par les eaux.
"Le crocodile se trouvait sur un îlot… il n'y avait vraiment aucun autre moyen de l'atteindre que par voie aérienne", a-t-il confié à la BBC.
Depuis l'opération, des restes humains ont été découverts à l'intérieur du crocodile de 4,5 mètres de long et de 500 kg. Des analyses ADN sont en cours pour confirmer leur identité.
La voiture de l'homme s'est retrouvée bloquée la semaine dernière alors qu'il tentait de traverser un pont bas sur la rivière Komati en crue. À l'arrivée de la police, le véhicule était vide, ce qui les a amenés à supposer qu'il avait été emporté par les eaux.
Des drones et des hélicoptères ont été utilisés pour les recherches, qui ont conduit la police à un îlot où plusieurs crocodiles se prélassaient au soleil. L'un d'eux était soupçonné d'avoir dévoré l'homme.
Le crocodile suspect a été abattu par les collègues de Potgieter avant même que ce dernier ne soit appelé.
"Il s'est retourné sur le dos et ils ont cru qu'il était mort. Mais à notre retour, il s'était remis sur le flanc droit et avait nagé un peu en amont", a-t-il expliqué.
Des informations vérifiées à portée de main
Cliquez ici et abonnez-vous !
Fin de Promotion WhatsApp
La présence d'autres crocodiles, d'hippopotames et de rochers dans la rivière rendait trop dangereux l'utilisation d'un bateau ou d'un canoë pour récupérer le corps, a indiqué Potgieter à la BBC.
"Il y avait d'autres crocodiles à côté de celui-ci, probablement attirés par le sang dans l'eau. Heureusement, le bruit de l'hélicoptère et les courants d'air descendants les ont éloignés et ne m'ont pas dérangé", a souligné l'officier chevronné.
Une fois que Potgieter a accepté de participer à l'opération de récupération, il n'y avait plus de retour en arrière possible.
"Suspendu dans l'eau, je n'avais aucun moyen de communiquer avec le pilote. Même si j'avais changé d'avis, cela aurait été impossible", a-t-il ajouté.
"Je devais m'en tenir au plan et suivre les instructions… sinon, tout aurait mal tourné."
Dimanche, le chef de la police par intérim d'Afrique du Sud a salué le "courage extraordinaire" de Potgieter, qualifiant l'opération de "très dangereuse et complexe".
Potgieter, membre de l'unité de plongeurs de la police nationale, n'a pu être certain de la mort du crocodile qu'après l'avoir descendu dans la rivière et lui avoir attaché une corde.
"Là, j'ai su qu'il était mort à 100 %. Sinon, il m'aurait certainement attaqué", a-t-il déclaré.
Potgieter a confié à la chaîne d'information sud-africaine News24 que des restes humains et des chaussures avaient été retrouvés à l'intérieur du reptile. Les restes n'ont pas encore été identifiés.
Bien que Potgieter travaille pour la police sud-africaine depuis 38 ans, il n'avait jamais été affecté à une mission de ce genre.
"C'était une grande première et j'espère que ce sera la dernière… On ne peut pas vraiment s'y préparer."
L'officier a ajouté que sa famille était soulagée de le revoir sain et sauf, même si elle ignorait la dangerosité de l'opération avant de voir la vidéo en ligne.
Potgieter a conclu en affirmant que son travail représente un risque qu'il vaut la peine de prendre pour les familles des disparus et des victimes. "Nous éprouvons une profonde empathie pour les familles des victimes. Elles pleurent la perte d'un être cher. Perdre quelqu'un qu'on aime est toujours une épreuve, et c'est encore pire lorsqu'on ignore où il se trouve ou ce qui lui est arrivé."
"C'est donc l'une de nos principales motivations : apporter à ces familles la paix intérieure nécessaire pour qu'elles puissent reprendre le cours de leur vie."

























