Joseph Kabila réagit aux sanctions imposées par les États-Unis

Une photo en buste de Joseph Kabila. Il porte une veste bleue et une chemise bleue à carreaux, dont le col est ouvert.

Crédit photo, AFP via Getty Images

Légende image, On ignore où se trouve actuellement Joseph Kabila, mais il s'est exilé volontairement en Afrique du Sud en 2023
    • Author, Emery Makumeno
    • Role, BBC Africa
    • Reporting from, Kinshasa
    • Author, Damian Zane
  • Temps de lecture: 4 min

L'ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, a réagi aux sanctions que les États-Unis lui ont imposées.

Dans un communiqué datant du 30 avril, il dénonce cette décision qu'il qualifie d'« injustifiée » et de « politiquement motivée ».

M. Kabila réfute les accusations en son encontre et réaffirme son « attachement à l'unité nationale, à l'intégrité territoriale de la RDC, à la paix dans son pays comme dans la région des Grands Lacs et à une solution inclusive à la crise congolaise ».

Pourquoi les États-Unis ont-ils imposé des sanctions à Joseph Kabila ?

Les États-Unis ont imposé des sanctions de grande envergure à l'encontre de l'ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, l'accusant de soutenir le groupe rebelle M23.

Washington lui reproche d'avoir apporté un soutien financier, d'avoir encouragé les défections au sein de l'armée congolaise et même d'avoir « cherché à lancer des attaques » contre les forces armées depuis l'étranger.

Les États-Unis ont déclaré que ces dernières sanctions s'inscrivaient dans le cadre d'un effort plus large visant à soutenir l'accord de paix conclu l'année dernière entre la RD Congo et le Rwanda, pays voisins, et dont ils ont été les médiateurs. Washington affirme également que le Rwanda soutient le M23 et a sanctionné certains des principaux commandants de son armée en mars.

Kigali nie soutenir les rebelles, malgré des preuves accablantes, et affirme que sa présence militaire dans la région constitue une mesure défensive face aux menaces que font peser les groupes armés de la République démocratique du Congo sur la sécurité du Rwanda.

Dans le communiqué du Trésor américain annonçant les sanctions à l'encontre de Kabila, il est allégué que celui-ci cherchait à déstabiliser Kinshasa et à placer un candidat de l'opposition au pouvoir afin de regagner de l'influence politique.

Ignorer Promotion WhatsApp et continuer la lecture
BBC Afrique est sur WhatsApp

Des informations vérifiées à portée de main

Cliquez ici et abonnez-vous !

Fin de Promotion WhatsApp

En vertu de ces mesures, tous les avoirs de Kabila aux États-Unis ont été gelés. Il est interdit aux citoyens et aux entreprises américains de faire des affaires avec lui. Les banques et les partenaires étrangers ont été mis en garde contre toute relation, même indirecte, avec l'ancien président, toute violation étant passible de lourdes sanctions civiles ou pénales.

Ces sanctions visent non seulement à punir, mais aussi à imposer un changement de comportement, ce qui témoigne de la volonté de Washington de s'en prendre aux anciens dirigeants accusés d'attiser les conflits.

L'est de la RDC est en proie à des conflits depuis des années, avec une multitude de groupes armés opérant dans la région. Début 2025, le M23 a réalisé des avancées majeures en s'emparant de vastes zones de cette région riche en minerais, y compris ses plus grandes villes.

Les États-Unis ont déclaré que ces sanctions renforçaient également un accord économique régional visant à « améliorer la transparence dans les chaînes d'approvisionnement en minerais critiques ».

En décembre dernier, les États-Unis et la RD Congo ont conclu un partenariat visant à améliorer l'accès aux vastes gisements de minerais de la région, tels que le cobalt, le coltan et le cuivre.

On ignore où se trouve actuellement Kabila, mais il y a 12 mois, il a fait une apparition à Goma, ville contrôlée par le M23.

En septembre dernier, il a été condamné à mort par contumace par un tribunal militaire congolais pour crimes de guerre et trahison en lien avec son soutien présumé au M23. Il a nié les accusations, mais ne s'est pas présenté au tribunal pour se défendre, affirmant que l'affaire était « arbitraire ».