Les 10 pays avec les taux de divorce les plus bas au monde

Une main tenant un stylo posée sur un formulaire de jugement de divorce avec des anneaux.

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    • Author, Mamadou Faye
    • Role, BBC News Afrique
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  • Temps de lecture: 6 min

Le taux de divorce brut mondial (nombre de divorces pour 1 000 habitants par an) se situe aujourd'hui autour de 1,7 à 1,8. Mais, certains pays affichent des chiffres bien en dessous de cette moyenne, parfois proches de zéro, avec l'Inde, le Sri Lanka et le Vietnam qui occupent les trois premières places. Voici les 10 pays où l'on divorce le moins et pourquoi.

Le présent classement est établi par le WorldAtlas sur la base de données du Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies, d'Eurostat pour les pays européens, de l'Enquête nationale indienne sur la santé familiale (NFHS-4 et NFHS-5) et des publications des instituts nationaux de statistique.

Il faut retenir qu'un taux de divorce faible ne signifie pas forcément plus de bonheur ou de stabilité pour les couples. Il reflète souvent, selon WorldAtlas, des freins légaux ou religieux importants, ou encore une part élevée de séparations informelles qui n'apparaissent jamais dans les registres officiels.

1. Inde (0,01 à 0,1 pour 1 000 habitants)

Deux mariés assis côte à côte, se tenant la main, lors d'un rituel de mariage en Inde.

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L'Inde est généralement citée comme le pays où l'on divorce le moins au monde. Selon la communauté religieuse d'appartenance (loi hindoue de 1955, loi sur le mariage civil de 1954, statuts propres aux musulmans, chrétiens et parsis), le mariage y est régi par plusieurs cadres juridiques.

La forte tradition du mariage arrangé, encore plébiscitée par une majorité de jeunes Indiens, et le poids du contrôle familial en amont du mariage expliquent en grande partie ce chiffre très bas.

Il faut toutefois noter que l'Inde est souvent exclue des comparaisons internationales car son système d'enregistrement civil des divorces reste incomplet du fait de la réalité du terrain qui est probablement sous-estimée, notamment dans les grandes métropoles où les divorces progressent nettement.

2. Sri Lanka (environ 0,15 pour 1 000 habitants)

Le Sri Lanka affiche le taux de divorce enregistré le plus bas au monde selon les registres officiels.

Le pays applique trois régimes juridiques distincts selon la communauté (droit civil général, droit coutumier kandyen, droit musulman), tous restrictifs en matière de motifs de divorce (adultère, abandon malveillant ou impuissance).

Les procédures qui passent par des tribunaux de district sont lents et coûteux. Il y a aussi que la pression sociale à rester marié demeure forte dans toutes les communautés du pays.

3. Vietnam (environ 0,2 pour 1 000 habitants)

La loi vietnamienne sur le mariage et la famille en date de 2014 autorise pourtant le divorce sans faute, avec des droits égaux pour les deux époux. Mais les normes confucéennes valorisant la continuité familiale et le respect filial, combinées à des structures familiales rurales très soudées, maintiennent le taux global très bas.

En revanche, dans les grandes villes comme Hô-Chi-Minh-Ville ou Hanoï, la tendance s'inverse rapidement avec la montée de l'indépendance économique des femmes.

4. Guatemala (environ 0,2 pour 1 000 habitants)

Le Guatemala affiche le taux le plus bas de tout le continent américain. Et cela s'explique par deux facteurs : une culture catholique et évangélique très marquée, et surtout la place immense des unions libres (unions de fait), qui concernent près d'un tiers des couples adultes, en particulier dans les communautés rurales et mayas. Par conséquent, la séparation de ces couples n'est simplement jamais documentée dans les statistiques de divorce.

5. Tadjikistan (environ 0,3 pour 1 000 habitants)

Main d'un homme tenant une bague dans la paume de sa main.

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Le Tadjikistan est un pays d'Asie centrale à majorité musulmane. Avec ses normes familiales conservatrices, la pression communautaire et le poids de la réputation familiale découragent fortement le recours au divorce, tout particulièrement pour les femmes.

6. Bosnie-Herzégovine (environ 0,3 pour 1 000 habitants)

La Bosnie-Herzégovine, un pays situé dans les Balkans, maintient un taux de divorce parmi les plus bas d'Europe. Ceci est rendu possible par une mosaïque de communautés musulmane, orthodoxe et catholique, les normes familiales traditionnelles restent solidement ancrées, notamment en dehors des grandes villes, ce qui maintient un taux de divorce parmi les plus bas d'Europe.

7. Chili (environ 0,7 pour 1 000 habitants)

Couples heureux de mariage retenant leurs anneaux de fiançailles. concept de mariage et d’amour.

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Le Chili est l'un des tout derniers pays des Amériques à légaliser le divorce en 2004. Avant cette date, seules les annulations de mariage - souvent obtenues via des failles procédurales coûteuses - étaient possibles. La Constitution chilienne place toujours la famille au fondement de la société, et l'influence catholique et évangélique reste forte. Le taux augmente néanmoins progressivement à mesure que les mariages postérieurs à 2004 arrivent à maturité.

8. Malte (environ 0,6 pour 1 000 habitants)

Malte est le dernier État membre de l'Union européenne à avoir légalisé le divorce, en octobre 2011, à l'issue d'un référendum approuvé à 53 %. Avant cela, seules les annulations religieuses ou les séparations légales (sans dissolution du mariage) existaient. La loi maltaise impose aujourd'hui quatre ans de séparation minimum avant de pouvoir divorcer - la durée la plus longue de toute l'Union européenne (UE) - ce qui explique le taux le plus bas du bloc européen.

9. Pérou (environ 0,6 pour 1 000 habitants)

Une femme qui divorce et retire son alliance dans un décor mélancolique.

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Au Pérou, l'influence catholique et la fréquence des unions non enregistrées officiellement contribuent à maintenir un taux de divorce légal relativement bas au Pérou. Comme c'est généralement le cas ailleurs en Amérique latine.

10. Irlande (environ 0,7 pour 1 000 habitants)

C'est seulement en 1996 que l'Irlande a légalisé le divorce, à l'issue d'un référendum approuvé à une très courte majorité de 50,3 %. Un second référendum organisé en 2019 a réduit la période de séparation obligatoire avant le divorce, et l'a fait passer de quatre ans (sur les cinq précédentes) à deux ans (sur les trois précédentes). Seuls 12 à 15 % des mariages irlandais se terminent par un divorce, bien en dessous de la moyenne ouest-européenne qui varie de 35 à 45 % - un écart attribué à la légalisation tardive, à l'influence catholique persistante, au coût et à la complexité des procédures, ainsi qu'à un âge moyen au premier mariage plus élevé.

Ce que révèlent ces chiffres

Trois grandes logiques se dégagent de ce classement du WorldAtlas :

  • des freins culturels ou religieux puissants : en Amérique latine catholique (Guatemala, Chili, Pérou), au Sri Lanka, en Inde.
  • une légalisation récente du divorce : à Malte en 2011, au Chili en 2004, en Irlande en 1996.
  • le remplacement du mariage formel par des unions libres, qui échappent aux statistiques officielles (au Guatemala, au Pérou, et dans une moindre mesure au Mexique, classé un peu plus loin dans le rapport).

Dans tous les cas, il faut surtout retenir qu'un taux de divorce bas ne traduit pas nécessairement des mariages plus solides : il peut aussi masquer des séparations informelles, des violences conjugales non déclarées, ou des couples maintenus ensemble par pression sociale ou légale plutôt que par choix.