Ce que l'on sait des attaques visant Bamako et ses environs

    • Author, Ousmane Badiane
    • Role, Digital Journalist BBC Afrique
    • Author, Makuochi Okafor
    • Role, BBC News
  • Temps de lecture: 4 min

Des attaques coordonnées menées par des hommes armés ont visé samedi matin la capitale malienne et plusieurs autres localités du pays, selon l'armée, dans une opération d'ampleur inédite ces derniers mois.

Des explosions et des tirs nourris ont été entendus tôt samedi près de la base militaire de Kati, une importante installation située aux abords de Bamako.

Selon des habitants interrogés par l'agence Reuters, des soldats ont été déployés dans plusieurs quartiers de la ville et les routes menant vers des zones sensibles ont été bloquées.

L'un d'eux a confié à la BBC : « nous nous sommes réveillés avec des attaques simultanées aujourd'hui, dont deux à Bamako. »

Il n'est pas encore clair qui est à l'origine de ces attaques.

Communiqué de l'armée malienne

Dans un communiqué publié samedi matin, l'armée a indiqué que des « groupes armés terroristes » avaient pris pour cible « certains sites et casernes militaires » à Bamako ainsi que dans d'autres régions du pays. Elle précise que « les combats sont en cours » et que les forces de défense et de sécurité « repoussent actuellement les assaillants ».

Les autorités appellent la population à garder son calme et à rester vigilante.

Un voyageur de retour d'Éthiopie a déclaré à la BBC que tous les vols à destination de Bamako avaient été annulés samedi matin. On ignore encore si l'aéroport international Modibo Keïta a été directement touché.

Réactions internationales et contexte régional

L'ambassade des États-Unis au Mali a conseillé à ses ressortissants de « rester sur place » après les signalements d'explosions et de tirs près de Kati et de l'aéroport. Elle recommande d'éviter tout déplacement vers ces zones tant que la situation n'est pas clarifiée.

Ulf Laessing, responsable du programme Sahel de la Fondation Konrad Adenauer, a déclaré à la BBC qu'il s'agissait probablement de « la plus vaste attaque jihadiste coordonnée contre le Mali depuis des années ».

Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, analysées par des groupes spécialisés en renseignement open source, suggèrent une possible coordination entre le groupe jihadiste JNIM et des rebelles touaregs du Front de Libération de l'Azawad (FLA).

Mohamed Elmaouloud Ramadane, porte-parole du FLA, a affirmé sur les réseaux que ses forces avaient pris le contrôle de plusieurs positions à Kidal et Gao, tout en appelant le Burkina Faso et le Niger à ne pas intervenir. Ces affirmations n'ont pas pu être vérifiées de manière indépendante.

Le Mali, le Niger et le Burkina Faso ont récemment quitté la CEDEAO pour former l'Alliance des États du Sahel.

Cette nouvelle organisation vise à mutualiser les ressources, développer les infrastructures, créer un marché et une monnaie communs, et faciliter la libre circulation des personnes, avec l'objectif d'une intégration plus poussée à long terme.

Les trois pays sont actuellement dirigés par des gouvernements militaires issus de coups d'État successifs.

Depuis plus de dix ans, le Mali est confronté à une insurrection jihadiste. L'armée, qui a pris le pouvoir en 2021, avait promis de rétablir la sécurité et de repousser les groupes armés.

Le gouvernement dirigé par Assimi Goïta a depuis réorienté ses alliances, s'éloignant des partenaires occidentaux pour s'appuyer sur des mercenaires russes. Plus récemment, une coopération militaire avec les États-Unis a également été amorcée.