La femme qui sauve les serpents des mains des humains

La mission d'Okikiola est de sauver les serpents.
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Les serpents sont considérés comme extrêmement dangereux et rusés ; ils sont même parfois associés à la superstition et à la sorcellerie dans certaines communautés africaines.

Le serpent figure généralement en tête de liste des choses que l'on craint le plus dans la vie.

Au Nigeria, par exemple, les morsures de serpent restent une menace majeure pour la santé publique, en particulier dans les zones rurales où de nombreux cas ne sont pas signalés. Cependant, Taiwo Okikiola, herpétologue, s'efforce de changer la perception que la société a des serpents et de promouvoir leur conservation.

Pour beaucoup, la perspective de croiser un serpent est terrifiante. Dans de nombreux pays africains, où l'antivenin fait encore défaut, les gens décident souvent de tuer les serpents dès qu'ils les aperçoivent.

"Les serpents sont une source importante de médicaments"

Mais pour Okikiola, les serpents ne sont pas des créatures à craindre, mais un élément important de l'écosystème et une ressource essentielle pour la mise au point de divers médicaments.

Elle se présente comme herpétologue et se consacre à sauver les serpents de la mort en les capturant et en les relâchant dans leur habitat naturel.

Les statistiques du Centre de recherche sur les morsures de serpent au Nigeria montrent qu'environ 20 000 personnes sont mordues par des serpents chaque année. Parmi elles, environ 2 000 perdent la vie faute d'antivenin.

Pour Okikiola, la protection des serpents n'est pas seulement une question de conservation, mais aussi une étape cruciale pour sauver des vies humaines grâce au développement de médicaments dérivés du venin de serpent.

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« Les serpents sont une source importante de médicaments »

Dans de nombreuses régions d'Afrique, notamment en Tanzanie, les serpents sont encore associés à la superstition, à la sorcellerie et aux forces du mal. Cette perception a contribué à une grande peur de ces créatures.

Cependant, Okikiola a choisi une autre voie. Il a décidé d'étudier les serpents, leur comportement et leur contribution à l'environnement et à la santé humaine.

Bien que beaucoup de gens hésitent à s'approcher des serpents, Okikiola n'a qu'un seul objectif : il souhaite que les gens aient une vision positive des serpents, car ce sont des créatures qui soignent.

« Beaucoup de gens considèrent les serpents comme une menace, mais en réalité, ce sont des créatures qui, comme tous les autres animaux, cherchent de la nourriture et un abri. Lorsqu'ils s'approchent des zones habitées, c'est souvent pour trouver un habitat », explique-t-elle.

Elle souligne que les serpents apportent une contribution significative au secteur médical, grâce à l'utilisation de leur venin dans la recherche et le développement de divers médicaments.

Depuis plus de cinq ans maintenant, il mène des recherches sur différentes espèces de serpents et leur comportement.

Ce parcours n'a pas été sans difficultés.

"Certains me traitent de sorcière, d'autres pensent que j'ai des problèmes mentaux. Mais je comprends ce que je fais et je crois que ce travail est bénéfique pour la société", explique-t-elle.

Bien qu'elle milite pour la conservation des serpents, Okikiola reconnaît que certaines espèces très venimeuses peuvent être dangereuses pour l'homme et doivent être manipulées avec une extrême prudence.

"Je ne veux pas seulement protéger les serpents, je veux changer les mentalités, mais les espèces très venimeuses, qui tuent des gens au Nigéria, sont réellement dangereuses", a-t-elle déclaré.

Okikiola décida d'étudier le comportement des serpents.
Légende image, Okikiola décida d'étudier le comportement des serpents.

"Les médicaments pour extraire le venin de serpent devraient être disponibles dans tous les hôpitaux"

Outre son travail de conservation, Okikiola promeut également la recherche et le développement sur le venin de serpent au Nigéria.

La controverse autour de cette question a éclaté en janvier 2026 suite au décès de la jeune chanteuse Ifunanya Nwagene, plus connue sous le nom de Nanyah.

Selon les informations, l'artiste de 26 ans est décédée après avoir été mordue par un serpent, faute de soins médicaux à temps.

Cet incident a soulevé de nombreuses questions quant à la disponibilité du venin de serpent dans les hôpitaux nigérians.

D'après Okikiola, les venins varient selon les espèces de serpents, ce qui implique que le traitement doit être adapté à l'espèce en cause.

"Pour prodiguer au patient le traitement adéquat, il est primordial d'identifier l'espèce du serpent qui l'a mordu", explique-t-elle.

Elle souligne que le manque de ce type de venin dans de nombreux hôpitaux, notamment en zones rurales, continue de mettre en danger la vie de milliers de personnes chaque année.

"Il est regrettable qu'en 2026, un grand pays comme le Nigéria déplore encore des décès dus aux morsures de serpent, alors que l'antivenin n'est pas facilement accessible dans les structures de santé proches des populations", déplore-t-elle.

En 2017, le Nigéria a alloué 192 000 dollars aux programmes de lutte contre les morsures de serpent. Cependant, nombreux sont ceux qui estiment que ce montant est insuffisant face à l'ampleur du problème.

Selon l'Organisation mondiale de la Santé, plus de 5,4 millions de personnes sont mordues par des serpents chaque année dans le monde, et plus de 81 000 personnes meurent des suites de leur venin.

Pour Okikiola, la solution réside non seulement dans un meilleur accès aux médicaments, mais aussi dans une évolution du regard porté sur les serpents et leur importance pour la vie humaine.

Traduit par Mariam Mjahid.